La Pinacothèque de Paris, en partenariat avec Arthemisia Group et 24 ORE Cultura - Gruppo 24 ORE, souhaite revenir sur un aspect essentiel de l'Art nouveau qui s'est développé à Vienne au début du XXème siècle sous le nom de Sécession.

L'exposition Au Temps de Klimt, la Sécession à Vienne raconte en détail ce développement de l'art viennois de la fin du XIXème siècle, début de la Sécession viennoise, jusqu'aux premières années de l'expressionnisme.

Affiche

Gustav Klimt, aux côtés de quarante compères, a créé le mouvement Sécession en Autriche qui tire son inspiration du symbolisme né en France et en Belgique.

Ce courant artistique se diffuse rapidement dans les années 1890 dans toute l’Europe: en France, Hector Guimard en est une figure type, célèbre pour ses entrées de métro, en Espagne Antonio Gaudi, constructeur de la Sagrada familia à Barcelone, et en Belgique, Victor Horta auquel les Bruxellois ont dédié un superbe musée.

On peut dire qu’avec l’art nouveau, Vienne, alors capitale puritaine et bourgeoise de l’Autriche-Hongrie, connaît un large rayonnement culturel et artistique.

 

Le rôle de Gustav Klimt, peintre symboliste autrichien, dans l'éclosion de ce mouvement est majeur : né le 14 juillet 1862 à Baumgarten près de Vienne, mort le 6 février 1918 à Vienne, il est l'un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne.

Le talent et le brio de cet artiste, de ses débuts précoces à ses excés décoratifs où les dorures et l'expressionnisme naissant dominent, sont le socle d'une période nouvelle qui s'est épanouie à Vienne au tournant du siècle. Ce mouvement artistique est en effet à l'origine de la naissance, quelques années plus tard, de l'un des courants majeurs de l'art moderne, l'expressionnisme, qui a fait l'objet d'une exposition au musée en 2011.

De toute évidence sensible aux charmes féminins, l’artiste -bien qu’il ait toujours identifié les visages de ses modèles- s’est bien plutôt attardé à saisir ici la courbe d’une hanche dans une pause désinvolte, là le galbe rebondi d’une fesse en l’air, ou bien encore une chute de reins dans l’abandon au plaisir. On retrouve les arabesques et les volutes Belle époque dans les drapés de dessous relevés et froufroutants, où le crayon s’est faufilé pour, semble-t-il, mieux dessiner des secrets féminins et déjouer les tabous.

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Le Baiser, qui est le tableau le plus représentatif du génie de Gustav Klimt et qu'il peint en 1906, sera reproduit dans le thème de L'Accomplissement pour la fresque d'Aldolphe Stoclet.

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Mais d’indécence il n’en est point. Le regard se promène avant tout sur des dessins. Légers, spontanés, rapidement croqués pour donner davantage de priorité à la forme, aux contours, au mouvement, à la composition et aux volumes, les croquis plus que les sujets intéressent. Ils ont valeur d’esquisse plus que de «dessin» à proprement parler, car dans le dessin le trait est davantage abouti.

Là, le trait qui effleure les corps lascifs, sexuellement disponibles et caressants, est bien souvent hésitant, corrigé, rectifié, rehaussé, ce qui laisse entendre que l’artiste est plus en tension de recherche qu’excité par un quelconque voyeurisme. Le support, souvent du papier d’emballage, souligne lui aussi que ces dessins avaient sans doute valeur de gamme et de recherche.

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Accusé de pervertir la jeunesse

Il n’en demeure pas moins que la nudité et la représentation de corps désinhibés ont dérangé Vienne en son temps. Si les dessins présentés au musée Maillol n’ont pas été exposés du vivant de l’artiste, des peintures du même auteur ont fait scandale à l’époque: entre 1894 et 1903, Klimt, répondant à une commande publique pour orner le grand hall de l’université de Vienne, abandonne les représentations académiques, et privilégie une recherche personnelle.

La Philosophie, La Médecine et La Jurisprudence, dont les deux nus féminins à la représentation naturaliste, soulèvent une vive polémique.

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Klimt, accusé de vouloir pervertir la jeunesse par une allégorie incitant au libertinage et portant atteinte aux bonnes moeurs, rembourse alors ses honoraires perçus, rachète ses œuvres et se détourne pour toujours des commandes publiques pour ne plus faire librement que ce qu’il a envie de faire.

Il détruit par milliers des dessins, en laissant 4 000 répertoriés à la postérité, pour beaucoup non signés. De nombreuses oeuvres de Gustav Klimt sont visibles avec ce lien.