Chacune et chacun de nous, transgenre en devenir ou simplement en aspiration, a surfé, surfe et surfera de site en site, de lien en lien, au gré de ses recherches (habillement, maquillage, comportement, transformation M to F ou F to M, traitement hormonal, ...),

Et celles et ceux qui nous côtoient trouvent ici ou là nos récits, nos images, nos aventures, nos interrogations, nous écrivent en faisant part, parfois de façon maladroite, de leurs envies, leurs fantasmes ...

J'ai pensé que mon blog pouvait résumer les termes relatifs à la transsexualité,

en citant mes sources,

mon idée étant de donner un repère précis, fiable et complet

à mes consoeurs et à mes ami-e-s,

à toutes nos admiratrices et tous nos admirateurs, et surtout ...

... à toutes celles et ceux qui veulent savoir ce qu'est un/e trans ...

... et n'ont jamais osé le demander :

 

Syndrome de Benjamin

'Benjamin syndrome' en anglais, d'après le Dr. Harry Benjamin (qui n'en souffrait pas, mais croyait y avoir tout compris...). Synonyme de 'transsexualité' ou de 'transsexualisme' (nous refusons ce dernier terme, car il flaire trop la 'maladie mentale' et fait partie du vocabulaire utilisé délibérément à des fins discriminatoires). Terme intentionnellement trompeur et fourre-tout (on appelle souvent 'syndrome' tout ce qu'on n'arrive pas à classer dans les catégories de maladie connues, mais on parle bien toujours de maladie) qui amène à classer la transidentité parmi les maladies mentales.

Malheureusement, le Dr. Harry Benjamin, un des premiers à s'être intéressés aux personnes transgenres dans les années 50, et qui est toujours considéré comme un des 'papes' en la matière, alors qu'il n'a manifestement pas compris grand-chose aux faits : il a toujours son fan club parmi les médecins, les juristes et les politiques, c'est-à-dire les personnes dont dépend malheureusement à ce jour une grande partie de la vie publique et privée des personnes personnes transgenres.

T*

'Chapeau' qui englobe les TG, TV, TS et toutes les personnes qui à un moment donné adoptent certaines caractéristiques considérées comme propres à un autre sexe que le leur. On dit aussi parfois, d'une manière assez peu charmante mais pertinente, 'trans-quelquechose'.

TG

Abréviation de 'transgenre', courante aussi en anglais comme abréviation de 'transgender(ed)'.

THS

Voir TSH.

Trans-Tra

Préfixe latin qui signifie 'de l'autre côté' ou 'au-delà de'.

Trans'

Abréviation de 'transgenre'.

Transgénérisme

'Transgenderedness' en anglais (attention, 'transgenderism' a une signification différente, à savoir 'ce qui est caractéristique des nommés 'transgenderists'' ; c'est un terme que nous refusons, voir notre note sous 'non-op'). Synonyme de 'transidentité'. Désigne aussi parfois collectivement tous les phénomènes et faits qui concernent les personnes transgenre.

Transgenre

'Transgender(ed)' en anglais. Sur notre site, 'transgenre' désigne une personne dont le genre ne coïncide pas avec son sexe, c'est-à-dire une personne qui n'est pas forcément intersexuée mais qui a l'intime sentiment d'appartenir à un autre genre que celui que son corps laisserait supposer, et pour qui cet intime sentiment est durable et n'est pas la conséquence uniquement de troubles psychiatriques manifestes passagers ou durables.

(Voir notre note sous 'Non-op' à propos d'une autre utilisation du terme 'transgenre', utilisation que nous refusons.).

On peut aussi citer l'image bien connue de l'homme emprisonné dans un corps de femme, ou de la femme emprisonnée dans un corps d'homme.

Être transgenre est avant tout un trait de personnalité, et surtout pas une maladie. On ne soigne pas la transidentité, mais on peut corriger dans une certaine mesure, si nécessaire, ce qui fait qu'une personne transgenre n'est pas bien dans sa peau, à savoir sa dysphorie du genre.

Transidentité

'Transgenderedness' en anglais. Le fait, pour une personne, de posséder une identité de genre (identité sexuée psychique) qui ne coïncide pas avec son sexe (identité sexuée physique). Ce terme nous semble très bien décrire, sans connotations aberrantes, ce que vivent les personnes transgenre.

Nous l'avons traduit de l'allemand (où son équivalent 'Transidentität' est courant depuis les années '90), et nous avons été, à notre connaissance, les premières, et longtemps les seules, à l'utiliser en français. Suite à des demandes en ce sens, nous précisons que nous n'avons rien du tout contre l'utilisation de ce terme par d'autres personnes, bien au contraire !

(Par contre, il est arrivé qu'une personne, militante et parfaitement au courant de l'origine du terme, et nous ayant demandé le 'droit', évidemment accordé, de l'utiliser, se vante de l'avoir 'trouvé' elle-même... Ce que nous trouvons pour le moins culotté...)

Translover

Terme anglais, sans traduction française exacte, désignant typiquement un homme, généralement cisgenre et 'officiellement' hétérosexuel, souvent marié et père de famille, qui recherche le contact avec des transsexuées homme-vers-femme pre-op ou non-op, à des buts sexuels. Habituellement, ces contacts lui permettent de satisfaire son homosexualité refoulée, en faisant joujou avec un pénis sans pour autant avoir à fréquenter de 'vrais' hommes et ainsi passer pour homosexuel. Il s'agit donc dans ce cas d'une forme particulièrement pernicieuse de l'exploitation sexuelle des femmes transsexuées, car non seulement, on conforte ainsi des clichés et mensonges sociaux ("un vrai homme doit aimer les femmes, pas les hommes") tout en agissant en cachette en contradiction avec ces clichés, mais en plus, on force des transsexuées à se servir de l'organe génital avec lequel elles sont nées et que très souvent elles détestent au point de chercher à s'en débarrasser au plus vite.

Cela dit, certaines transsexuées (souvent nommées shemales) utilisent la grande demande sexuelle de la part des translovers en tant que marché lucratif, p.ex. afin de payer leurs opérations de chirurgie esthétique ou génitale (mais cette dernière les met bien entendu en dehors de ce circuit commercial, car un translover ne s'intéressera en général pas à une post-op...). Dans beaucoup de pays, où il n'existe pas de prise en charge des transsexué(e)s par la Sécurité Sociale, elles sont d'ailleurs obligées de procéder de cette façon-là, se faisant ainsi exploiter par des mafias organisées à la façon des réseaux de trafic d'êtres humains, et elles renforcent ainsi involontairement le système social bigot et répressif dans lequel elles vivent.

Bref, nous considérons le translover 'typique', honteux (il en existe aussi des respectueux, sympathiques et pas honteux du tout, mais ils sont trop rares) comme une véritable plaie pour les transsexuées et pour la société tout court, autant sous un aspect social (que nous venons de décrire) que sous un aspect politique (car le translover honteux est à la fois le résultat et la perpétuation d'une idéologie bigote, ségrégationniste et répressive, basée sur le postulat absurde qu'"il n'existe que deux sexes, et tout le monde doit être hétérosexuel et cisgenre").

Il existe d'ailleurs aussi des femmes translovers (parfois appelées 'transloveuses'), qui ne font certes pas vivre toute une industrie du sexe, mais qui cherchent en revanche parfois à exercer une autorité 'maternelle' marquée envers la transsexuée et qui sont souvent des donneuses de leçons très pénibles (sur le thème "moi, contrairement à toi, je suis une vraie femme, je vais te montrer ce qu'il faut faire et ne pas faire"). Mais là aussi, il en existe de respectueuses, sympathiques et pas honteuses du tout, et elles sont plus nombreuses que leurs équivalents masculins. (Ce qui arrange pas mal les nombreuses MtF lesbiennes, d'ailleurs... :-) )

Essayez en tout cas d'éviter les spécimens honteux et donneurs de léçons des deux sortes, votre bonheur personnel s'en trouvera renforcé ...

Note : Curieusement, les FtM ont très peu d'ennuis avec les translovers/-euses, alors qu'on pourrait croire qu'il y sont autant exposés que les MtF. Preuve sûrement une fois de plus du caractère phallocrate et hétéropatriarcal de notre société...

Transsexué(e)

'Transsexuated' en anglais. Personne transgenre qui souffre d'une dysphorie du genre au point de ressentir le besoin de modifier, d'une façon ou d'une autre, son corps (son identité sexuée physique), afin de le rapprocher de son ressenti (de son identité sexuée psychique).

Terme que nous utilisons à la place de 'transsexuel(le)' (voir aussi ce terme) parce qu'il nous semble beaucoup plus adapté à la réalité des choses. Une personne transgenre est avant tout une personne dont le genre ne coïncide pas avec son sexe, et son orientation sexuelle n'intervient en rien dans cette question d'identité personnelle. Elle cherche avant tout à vivre en harmonie avec son genre, qu'elle ne choisit pas et ne peut pas changer, et si cette personne fait des démarches afin de modifier son corps pour le mettre en accord avec son genre, nous parlons d'une personne transsexuée.

En parlant de 'transsexuel(le)', on comprend la question à l'envers et on fait passer les personnes transgenre pour des dingues qui veulent 'changer de sexe' (entendez par là : 'changer d'organe de plaisir', ce qui est non seulement faux, mais en plus une vue pour le moins réductrice de la sexualité et du plaisir) pour se faire plaisir.

Or, 'changer de sexe' est non seulement impossible (on ne change pas nos gènes, notre squelette etc.), mais en plus, les personnes transsexuées ne voient là-dedans aucun 'changement' vers 'autre chose', mais plutôt une évolution vers la révélation de leur vraie nature, la réalisation d'elles-mêmes. D'ailleurs, on peut parfaitement être transsexué(e) sans rechercher la modification de ses organes génitaux.

C'est cela que certaines personnes transsexuées désirent faire, afin de réduire leur dysphorie du genre : elles voudraient faire modifier leurs organes génitaux, afin d'en adapter l'apparence et la fonctionnalité, autant que possible, à celle des organes génitaux du sexe qui coïncide avec leur genre.

Il est important de souligner que très peu de personnes transsexuées subissent ce genre d'intervention pour des raisons de pur fantasme, même si la plupart apprécient le plaisir sexuel que peuvent éventuellement leur procurer leurs 'nouveaux' organes génitaux.

Aimer jouir de son corps n'est que trop humain, et nous y avons tous/-tes droit, les transsexué(e)s aussi. Mais c'est très rarement cela qui motive les transgenre à franchir ce pas : la paix intérieure retrouvée par la réduction ou l'élimination de leur dysphorie du genre pèse bien plus lourd dans la balance et constitue leur mobile principal.

Le terme 'transsexuel(le)' et l'idée qu'il véhicule, raccourcissent donc cette question génitale, qui n'est déjà qu'une petite partie de l'(in)équation transgenre, à une question encore plus réduite, sexuelle : Apparemment il n'est pas imaginable pour le 'grand public', et malheureusement pour beaucoup de scientifiques, médecins, juristes et politiques non plus, que vouloir changer ses organes génitaux puisse être lié à autre chose que des fantasmes sexuels.

Cette incompréhension manifeste provient certes partiellement du fait que ces gens-là ont sûrement du mal à imaginer ce qu'est une dysphorie du genre, nous le concédons. Mais il est tout aussi indéniable que cette incompréhension est parfaitement voulue par certaines personnes et institutions, afin d'enfermer les personnes transsexuées dans un ghetto socialet médical  bien commode pour que le Pouvoir les contrôle sans avoir à les craindre. Les personnes transgenre dérangent fondamentalement les structures du Pouvoir en place dans notre société, car elles mettent en question, tout à fait involontairement, par leur simple existence visible, la plupart des principes sur lesquels se base ce Pouvoir.

D'où donc les démarches répressives exercées, tout à fait concrètement, par le Pouvoir à l'encontre des personnes transgenre, afin de se maintenir en place (les placements d'office en psychiatrie fermée existent encore aujourd'hui en France pour les personnes transgenre, sans qu'elles ne soient psychotiques ! ; sans parler des nombreuses chicanes administratives et médicales au quotidien qui empoisonnent leur vie).

En résumé, on peut donc dire que par le terme 'transsexuel(le)', la société tente de marginaliser et d'exclure les personnes transgenres et transsexué(e)s, en leur collant une étiquette 'honteuse' qui ne fait que prouver sa propre incapacité de comprendre et d'accepter des gens qui divergent de la 'norme', voire sa volonté délibérée d'éliminer ces personnes du circuit social, au mieux en les rendant invisibles, au pire en les enfermant ou en les poussant au suicide. Bref, ce terme résume bien à lui tout seul toute l'intolérance et les abus que nous, personnes transgenres, subissons quotidiennement de la part de la société dans laquelle nous vivons.

Transsexuel(le)

Terme employé à tort par les media (et, par conséquent, par le 'grand public') et le milieu scientifique, médical et juridique en lieu et place de 'transgenre' en général et de 'transsexué(e)' en particulier.

Nous considérons ce terme comme totalement inadapté, car il suggère, par analogie avec p.ex. 'homosexuel(le)', que la transidentité est une question d'orientation sexuelle, ce qui est parfaitement faux. Voir 'Transsexué(e)'.

Certain(e)s emploient le terme 'transsexuel(le)' plus spécifiquement pour désigner des personnes transgenres post-op ou pre-op suivant un TSH (ce qui revient donc à dire "tu ne prends pas d'hormones et/ou tu ne comptes pas te faire opérer, donc tu n'es pas un(e) 'vraie' transsexuel(le).

Ceci est du même tonneau ségrégatif que l'utilisation abusive du terme 'transgenre' que nous dénonçons sous 'Non-op', et nous refusons donc tout autant cette utilisation-ci du vocabulaire (le terme transsexué(e)' serait de toutes façons beaucoup plus adéquat aussi longtemps qu'on l'utilise comme nous le définissons, c'est-à-dire sans connotation ségrégative). En outre, nous trouvons que cette utilisation revient à attacher beaucoup trop d'importance à l'aspect médical de la transidentité, qui n'est, soulignons-le encore une fois, pas une maladie.

Travesti(e)

'Transvestite' ou 'crossdresser' en anglais. Personne qui pratique le transsexué(e).

Travestisme

Pratique du transsexué(e), en général de façon ponctuelle et plutôt par jeu ou fantasme (ce terme s'applique donc rarement aux personnes 'full time' et transsexué(e)s, qui le rejettent d'ailleurs d'habitude).

Travestissement

Le fait d'utiliser des tenues ou des accessoires vestimentaires réservés en principe, par convention sociale, aux personnes du sexe opposé.

Ce terme a 3 défauts majeurs :

- Il est souvent utilisé de façon péjorative comme malheureusement tout ce qui est considéré toucher de près ou de loin à la sexualité (bien que se travestir ne soit pas forcément une question de sexualité, même quand c'est fait par jeu).

- Il induit en erreur en créant un amalgame entre les 'fétichistes' ou les drag queens, qui s'habillent par jeu, d'un côté, et les personnes comme par exemple les transsexué(e)s 'full time', de l'autre côté, qui s'habillent pour des raisons tout à fait différentes.

- Enfin, s'habiller 'comme le sexe opposé' cache toujours, même lorsqu'il s'agit d'un jeu, une motivation plus sérieuse et/ou une certaine affinité pour 'l'autre camp' : se travestir est bien plus que se déguiser. La vérité n'est donc pas si cachée que cela (souvent bien au contraire : beaucoup de personnes transgenres se sentent affreusement 'déguisées' lorsqu'elles doivent s'habiller en correspondance avec leur sexe et non pas en correspondance avec leur genre), et dans le travestissement, c'est sans aucun doute une part cachée mais bien réelle des personnes qui fait surface.

TS

Abréviation de 'transsexué(e)' ou 'transsexuel(le)', courante aussi en anglais comme abréviation de 'transsexuated' ou 'transsexual'.

TSH

Abréviation de 'Traitement Substitutif Hormonal' ou de 'Thérapie Substitutive Hormonale' (nous refusons cette dernière transcription, car il ne s'agit pas de 'guérir' les personnes transgenres, vu que la transidentité n'est pas une maladie).

Aussi appelée 'THS' (Traitement Hormonal Substitutif' ou 'Thérapie Hormonale Substitutive', même remarque que ci-devant). Dans le contexte qui nous concerne ici, ensemble de traitements, à base d'hormones et/ou d'autres substances ayant un impact sur le système endocrinien du corps, destinées à aider le corps à développer les caractéristiques sexuelles secondaires du sexe 'opposé' en modifiant (entre autres) son métabolisme. Un TSH modifie aussi de façon non négligeable votre psychisme et votre libido.

À ce propos, démystifions un peu : un TSH ne supprime pas la barbe des mâles ni les seins des femelles, ne change pas le timbre de la voix des mâles (mais fait en général muer la voix des femelles vers le registre grave), ne modifie pas le squelette ni les gènes, et ne transforme pas les organes génitaux. Par contre, il fait pousser les seins et redistribue la graisse corporelle chez les mâles, et, chez les femelles, il fait pousser la barbe et les muscles.

TV

Abréviation de 'travesti(e), courante aussi en anglais comme abréviation de 'transvestite'

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TG_Artiste

Bonne lecture,

Sophya