L’exposition de mes dessins humoristiques sur le thème du BDSM aura-t-elle lieu : 

rêve éternel ou réalité en perspective ? 

Porte ouverte sur un rêve que je caresse depuis quelque temps, cette exposition serait en fait le creuset de multiples trajectoires que j’ai parcourues depuis mon enfance, faites de repères aussi éloignés et extrêmes l’un à l’autre que peuvent être d’un côté le buste de Sénèque reproduit au fusain et de l’autre mes fesses de soumise rougies par le martinet !!!

1er repère : « le buste de Sénèque » … 

Jeune disciple de mon père, instituteur «hussard noir de la République» des années 50, qui fut, tout au long de mon passage à l’école primaire de l’âge de 3 ans à 11 ans, mon seul maître (sans jeu de mots !),  j’ai été initié au dessin par lui, bien qu’il n’ait aucune formation ni maîtrise artistique …

   Un enfant encore garçon, prénommé R..., initié au dessin  …

C’était pour lui un « devoir » que de former ses élèves à toutes les disciplines qui peuvent contribuer à leur transmettre des valeurs, à leur forger leur propre personnalité et à acquérir une citoyenneté responsable et éclairée : en matière de dessin, mon père s’est appuyé sur les pédagogies lues ici ou là, qui permettaient de poser les règles de base du dessin (observation et compréhension des proportions, représentation des perspectives, des ombres et lumières, des matières, restitution des couleurs, manipulation des gouaches,…).

Un exemple : Portrait de jeune paysanne assise devant un champ de blé, par Vincent Van Gogh (juin 1890) (*) et, à droite, la copie que j'en ai faite (vers l'âge de 10 ans).

Portrait de jeune paysanne assise devant un champ de ble juin 1890

Jeune paysanne_Copie Ry

Voilà ce qui m’a inculqué de façon indélébile la maîtrise des volumes et des formes, ce que je n’ai pas pu approfondir dans une expression artistique personnelle, faute de temps du fait de mes études, mais j’ai gardé ainsi la capacité de dessiner rapidement et de façon « juste » un paysage, des personnages et plus généralement des mises en scène.

(*) La différence des couleurs vient du fait que je n'ai pas retrouvé ici le tableau original dont j'ai fait la copie, Vincent Van Gogh faisant souvent de nombreuses variations d'un même sujet (voir à cet égard les différentes variantes des célèbres tournesols).

 

Ainsi fils d’un père instituteur à la fois exigeant et fier de former son propre fils, et d’une mère italienne possessive, est-ce le creuset d’un tempérament docile qui m’a conduit vers le monde du BDSM et de la transgression des sens ?

    … qui a développé un tempérament artiste paradoxalement à la fois docile et rebelle ! 

Cette aptitude à dessiner « vite et bien » (quel orgueil !), je l’ai déployée au cours de mon activité professionnelle, en saisissant des situations vécues lors de sessions de formation et de réunions de service, et y trouvant, dans les moments critiques où une discussion s’arc-boute sur une opposition de personnes, qu’elles soient présentes ou non, où un sujet peut être traités avec humour, mais à condition d'en déplacer totalement le contexte, les personnages et la situation mis en scène dans le dessin.

Le dessin et les formes, la sexualité et les corps : j’aime beaucoup les spectacles de danse, notamment modernes genre « Pina Bausch », forment alors un tout.

2ème repère : R... dédoublée par Sophya … 

Pour R..., être Sophya c’est se sentir « femme », et donc pouvoir enfin abandonner ce que la société impose à « l’homme » d’être « viril », de paraître « viril » et de faire ce qui est « viril », être Sophya, c’est mieux révéler la relation des corps dans la durée, la complicité, le raffinement et la subtilité des sentiments et des émotions … 

… et le tempérament résolument docile de R... a besoin de Sophya pour permettre à son mental, de façon fusionnelle avec son histoire passée, de révéler à part entière sa féminité latente : je ne suis pas « soumise » parce que je me sens « femme », je suis ET « femme » Et « soumise » (mais absolument pas "soumise" parce que "femme" !!!). 

   ... cherchant à devenir "femme" ...

Sophya est prête à explorer des rivages nouveaux, tout en y apportant déjà l’imagination un peu déraisonnable du tempérament d’artiste de R..., qui contraste, seulement en apparence, avec sa formation scientifique et son activité professionnelle dans le domaine des sciences et des technologies. 

R... n’a pas de gestes féminins de "folle", quand il est homme (non pas parce qu’il se surveillerait, mais parce que cela se trouve naturellement comme ça), il reste d’une sensibilité extrême, mais celle-ci, de par sa reconnaissance sociale avouée et reconnue d’artiste, partout où R... évolue, n’introduit jamais de « moqueries » de la part des autres ! 

Sophya n’est pas un homme, car elle ne revendique rien de ce qui serait « normalement » attribué à lui, et s’accommode fort bien de son corps «aux formes fémininement acceptables» comme de sa peau plutôt douce et à la pilosité peu développée, même si la tentation d’un traitement hormonal féminisant reste irrésistible. 

   … dans une transformation où affirmation de ma transidentité co-existe avec transgressivité !

Ma démarche reste celle qui guide depuis longtemps le déclic de mes inspirations : trouver, sur le BDSM (1), des sujets pouvant être traités avec humour, mais à condition d'en déplacer totalement le contexte, les personnages et la situation mis en scène dans le dessin.

Ce « déplacement » est le ressort fondamental et indispensable de mon inspiration :

Vous apprendrez, sans surprise, que ces contextes, personnages et situations font appel aux "fondamentaux" de la question humaine, que sont entre autres : le pouvoir, et ses déclinaisons que sont l'organisation sociale, la hiérarchie, la liberté, la guerre ..., le sexe avec les relations et équilibres/déséquilibres homme-femme, ses "transports" et ses interrogations ..., l'origine et la destinée de l' "homme-être humain", le sens de la vie et de la mort, le bonheur, l'amour, le progrès, ... et enfin la seule réponse que l’homme a trouvée, faute de certitudes sur ces aspects transcendentaux, la foi en un monde idéal, sinon meilleur, que cette foi soit agnostique, athéiste ou théiste ...

Avant que vous ne visitiez mon exposition, qui passera par Paris, Sète et ailleurs (je suis ouverte à vos propositions d'autres lieux et dates), voilà, en mise en bouche, comment la religion chrétienne (2) peut-être le "prétexte" de 3 de mes dessins touchant au BDSM (le rapprochement n'est-il pas en lui-même déjà transgressif, quand on pense à l'agitation qu'ont provoquée les caricatures de Mahomet ...) :

- le BDSM et le Kamasutra

BDSM_Kamasutra

  - Soumission et Crucifixion

BDSM_INRI

   
- Le baptême de Jésus par Jean-Baptiste

Uro_BaptemeJC


(1) car le BDSM n'a aucune raison d'être moins sujet à humour, ironie et dérision que tout autre théme de société. Il pourrait en être de même sur tout autre thème de société, ce dont je ne me prive pas dans d'autres tribunes et vis-à-vis d'autres publics ...


(2) Ce qui va sans dire va mieux en le disant : en utilisant la religion chrétienne comme "levier" de cette transposition humoristique, je ne cherche pas à me moquer de la foi religieuse, que je considère tout à fait respectable en tant qu'attitude de l' "homme-être humain", et je n'ai par conséquent aucunement l'intention de blesser celles et ceux qui croient en un Dieu, fût-il ici chrétien, ailleurs musulman ou autre ...
 

Je vous informerai régulièrement sur les lieux et dates de mon exposition, qui comportera 47 dessins, répartis en 6 sous-thèmes : BDSM / Dominatrices / Soumises et soumis / Urolagnie / 3ème sexe.

A bientôt, Sophya.