Sophya transgenre soumise, une histoire banale mais une épouse exceptionnelle ...

Il était une fois … un homme, Il est une fois … une transgenre !

    Il était une fois … un homme qui, ayant choisi une compagne avec qui il vivait depuis quelque décennie dans une relation «vanille», fut happé par l’attrait du travestissement et de la soumission, qui se conjuguèrent assez rapidement l’un avec l’autre … dans une envie de vivre ainsi, concrètement et autrement, sa profonde sexualité.

    Il était une fois … un homme qui découvrit que, dans sa sexualité, sa masculinité originelle devait accepter de laisser «trans»paraître, à ses côtés et de temps en temps, une féminité, certes latente mais réelle, trop longtemps refoulée et cachée (lui-même ne raflait-il pas tous les 1ers prix lors de carnavals ou de concours de déguisement, toujours habillé en «femme», ici gitane, là bigoudène, ailleurs pin-up en monokini !) …

    Il était une fois … un homme qui choisit d’abord de vivre seul ces pulsions, sans en parler à sa compagne, parce que c’était, paraît-il, «inavouable», parce que l’habitude installée dans son couple avait relégué au second plan la confrontation partagée et renouvelée de leurs sexualités, parce que la crainte de « faire mal » à sa compagne était plus forte, ou bien était un prétexte plus confortable, que le besoin d’être sincère et transparent avec elle …, parce que … 

    Il était une fois … un homme qui connut les «5 à 7», les «dîners professionnels» tardifs et interminables, à la recherche lancinante de lieux et de moments où il pourrait assouvir ses pulsions, s’y maquiller et s’y travestir, un homme qui multiplia les cachettes dans sa maison où il gardait des dessous féminins, et bientôt aussi des dessus, qui lui révélaient à son propre regard, puis un jour au regard des autres, la partie de lui-même qui se découvrait féminine, 

    Il était une fois … un homme qui, enfin, réalisa, assez spontanément et rapidement, que la relation de domination-soumission, et notamment sa nature masochiste, lui apportait, à travers la médiation d’épreuves de flagellations ou autres, un «voyage» mental tellement proche de l’orgasme sexuel qu’il rangea peu à peu celui-ci aux oubliettes de ce qu’il partageait maintenant avec ses nouveaux partenaires, toujours des dominatrices, ce «voyage» qu’il offrait à sa Maîtresse et où il s’abandonnait totalement afin que la même vibration les inonde l’une et l’autre,

    Il était une fois …, encore une fois, une dernière fois, un homme qui devait chez lui, et lorsque sa compagne y était présente, redoubler de subterfuges pour se préparer intimement de façon à pouvoir être possédé analement par sa Maîtresse, ou bien pour cacher, à son retour, les marques que pouvaient avoir laissées sur son corps fessées à main nue, lanières de martinet ou coulées de bougie …

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    Il est une fois … un homme qui ne peut plus accepter ce "mensonge" perpétuel, qui n'en est pas un puisque le sujet ne vient jamais dans la conversation avec son épouse, du moins pas de façon ouverte, car il y est entré de façon latente par un "silence" larvé, puisque leur sexualité de couple est entrée d'abord dans la monotonie, puis dans l'oubli total

    Il est une fois … un homme qui décide un jour de rompre ce "déséquilibre" entre son épouse, qui continue de subir cette sexualité perdue, alors que lui vit sa sexualité "spéciale", certes en cachette, mais pleinement quand il est seul, et qui décide alors de dire à sa compagne-épouse, D., que transidentité et soumission sont maintenant sa façon à lui de vivre pleinement sa sexualité, certes au terme et au prix de quelles tensions dans son couple, faites de silences lourds, de reproches ou d’incompréhensions ouvertes (es-tu homosexuel ? as-tu des relations homosexuelles ? que devient ma sexualité dans mon rôle d'épouse ?)…, tensions sans doute inévitables mais combien salutaires …,

    Il est une fois … un homme qui éprouve la surprise et la joie d’entendre un jour D. lui expliquer - spontanément - que, même dans un couple affectivement lié, il pouvait y avoir une sexualité vécue différemment par elle et par lui, une compagne qui témoigne ainsi d’un acte d’amour rare, fait de tolérance et d’acceptation sincère des différences, …

    Il est un homme qui, enfin, trouve avec D. non seulement l’espace de sincérité et de transparence qui lui paraît indissociable de son amour pour elle, mais aussi l’espace de partage où elle et lui donnent l’un à l’autre, autant qu’elle et lui reçoivent l’un de l’autre …,

Sophya, sur le pas de notre maison, photographiée par D. :

S-DeboutPorte

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Il est une fois … une transgenre et son épouse, qui retrouvent aujourd’hui l’envie de renouer le dialogue dans leur couple, l’envie de parler de leurs sexualités si différentes et assumées chacune dans une nouvelle dimension, l’envie de se raconter leurs joies et leurs envies vécues avec leurs partenaires respectifs …

 

Il est une fois … une transgenre, Sophya, qui peut maintenant rêver de ses pulsions en gardant les yeux ouverts !

    Sophya

PS : Je ne veux pas être toujours vu-e dans le regard des autres comme un «homme», car même si une grande part de ma personnalité est masculine, une part est féminine : je ne veux pas être «fort», être «sûr de moi», je ne veux pas refuser de mêler «le sentiment avec la raison», je ne veux pas «gagner» à tout prix, je peux même accepter de «perdre» pour ne pas avoir à écraser … 
   

Alors quand je suis transformée, et que je suis regardée, ce sont les interrogations silencieuses que le regard des autres leur suscite qui me rend cette «justice» d’être reconnue en partie féminine : les autres se disent en effet «Qu’est-ce qui, dans cette image que je vois de «Sophya», est féminin ?» et bien sûr aussi «Qu’est-ce qui ne l’est vraiment pas ?».
   

C’est le principal pour moi : en voyant «Sophya», le regard des autres a cherché à repérer le féminin et le masculin qui sont en moi, alors que ces mêmes autres n’auraient pas du tout l’idée de le faire en me voyant en «homme» !